Mohamed Jamoussi
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Biographie de Mohamed Jamoussi
Mohamed Jamoussi, né le 12 juillet 1910 et décédé le 3 janvier 1982, est un poète, chanteur, compositeur et chef d'orchestre tunisien.Originaire de la ville de Sfax, il naît d'un père adepte des hymnes religieux et des noubas du malouf. Il avait côtoyé de près cheikh Karray, fort connu en ce temps-là, pour ses mouachahat dans la ville de Sfax et sa région.
À l'école coranique, l'enfant apprend le chant coranique et devient la fierté des siens. Il obtient le certificat d'études primaires en 1926 dans une école franco-arabe et atterrit, pour ses études secondaires, au lycée technique de Tunis. Il en sort 5 ans après avec un diplôme en mécanique et en dessin industriel. Mais la fibre artistique existe déjà en lui. Il se met alors à chanter Sayed Derouiche et d'autres chanteurs connus. Mais à cette époque, l'artiste ne vaut pas grand-chose selon lui. Le hasard qui, quelquefois, fait bien les choses, s'en mêle. Jamoussi rencontre Béchir Ressaïssi de la société Baidhaphone qui change en ce temps-là la destinée de plusieurs artistes. Il lui propose de partir à Paris pour enregistrer ses propres chansons. La ville est une chance inespérée pour ce romantique qui aime Alfred de Musset. De retour à Tunis, il est fier et heureux de s'écouter chanter dans les cafés où les phonographes font des ravages. Mais il est vite déçu par la société et « les traditions familiales impossibles à surmonter ». En 1936, il regagne Paris où il passe 10 ans à la section arabe de la radio parisienne. De retour à Tunis, il gagne ensuite Alger où il dirige le théâtre de l'Opéra de 1948 à 1951 et rencontre de grandes personnalités dont Youssef Wahbi, grand homme de théâtre égyptien, qui l'invite au Caire.
Jamoussi est engagé en 1952 et joue le rôle principal dans le film Bent al-hawa. Après l'indépendance de la Tunisie, dans les années 1960, il rentre au pays.
Ainsi Jamoussi, qui, enfant, traverse la Première Guerre mondiale, se trouve à Paris en pleine crise économique mondiale. Il y vit la Seconde Guerre mondiale jusqu'à son dénouement. Plus tard à Alger sous occupation française, la situation n'est pas plus heureuse et, au Caire, la menace et les prémices de la crise du canal de Suez se profilent à l'horizon. Mais durant cette vie de migration, sa poésie et ses chansons, mariant styles tunisien et oriental, ne traduisent à aucun moment un éventuel désarroi ou un quelconque appel à la résistance, à la lutte, ni une quelconque dénonciation de la souffrance humaine ou des affres de la guerre. Bien au contraire, sa poésie continue de rêver, d'être romantique et de chanter l'amour, la joie de vivre et l'espoir. Dans son recueil de poèmes en français, édité en 1976, il règne un désir de rêver. Son romantisme ne fait pas de doute. Quelle que soit la langue utilisée dans sa poésie (il parlait aussi italien), Jamoussi est un grand romantique qui vit au-dessus de la mêlée. Imbibés de nostalgie, ses poèmes et ses chansons restent dans les cœurs.
À Sfax, une rue et un complexe culturel portent son nom et, en 2000, la poste tunisienne édite un timbre en son honneur d'une valeur de 1 dinar.